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  Bataille Azincourt 25 octobre 1415

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virtualwarrior10



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Date d'inscription : 17/05/2017

MessageSujet: Bataille Azincourt 25 octobre 1415   Dim 21 Mai - 22:24

A une semaine du 600° anniversaire de cette célèbre bataille qui marqua la guerre de cent ans et l’imaginaire collectif, un petit mémo pour en faire un bref récit et rappeler ce qu’elle fut et aussi ce qu’elle ne fut pas. Beaucoup de dires ont pu circuler à son sujet, parfois totalement erronés voire même extravagants.


Date : 25 octobre 1415, jour de la Saint Crespin
Lieu : plaine du nord entre les bois des villages d’Azincourt et Tramecourt

Nations en présence : Français vs Anglais

Armée anglaise :
L’armée est commandée par le roi Henri V. L’armée est petite, environ 6 000 combattants estimés
5 000 archers et 1 000 hommes d'armes

Armée Française
L'armée commandée par Charles 1°d'Albret, connétable de France.
Le nombre de combattants français a fait l’objet de nombreuses estimations plus ou moins farfelues selon l’objectif visé par l’historien concerné. Le chiffre généralement admis est d’environ 20 000 hommes dont une majorité de chevalier et hommes d’armes et environ 2500 arbalétriers.
Des chiffres beaucoup plus farfelus ont circulé, jusqu’à 45 000 visant principalement à survaloriser l’exploit de l’armée anglaise bien réel pour autant.


Le contexte avant la bataille
L’armée anglaise avait débarqué le 13 aout à coté près du Havre. Le roi Henri V avait pour objectif de faire reconnaitre par la force ses droits sur la couronne de France. Il se dirige vers le port de Harfleur auquel il met le siege qui se conclut difficilement le 22 septembre. Le pillage sera terrible.
Hélas la flotte anglaise est détruite ne grande partie par une tempête et son armée commence à souffrir de maladies causées par les conditions de vie durant le siège. Le roi Henry V décide de laisser une petite garnison avec l’artillerie (trop lourde) à Harfleur et de partir vers calais avec le gros de l’armée. Depuis cette ville tenue par les anglais, il espère embarquer à nouveau pour l’Angleterre. Il part donc le 7 octobre.

De son coté le roi de France est en guerre avec son cousin Bourguignon. Les chevaliers de l’ost royale suivent les anglais en leur barrant la route directe pour calais et obligeant les anglais à un long détour le long de la somme.

Le 20 et le 24 les anglais trouvent des gués pour traverser et cherchent à se reposer. Il pleut depuis de nombreux jours.

C’est donc là que les anglais vont se trouver face aux français et le 25 au matin les deux armées se font face.


Avant la bataille le 25 octobre

Des deux cotés, la journée commence par une messe. Puis les deux armées se déploient.

Les anglais se positionnent dans un goulot étroit entre les bois de Tramecourt et Azincourt.
Deux gros détachement d’archer de part et d’autre et au centre les hommes d’arme.
Les archers ont plantés leurs pieux en terre pour se protéger des charges ennemie.
L’histoire retient que les rangs anglais étaient si silencieux que les français ont cru un moment qu’ils étaient partis

Les français son beaucoup plus nombreux et devant le manque d’autorité du commandant face aux nobles chevaliers indisciplinés, le déploiement est bien plus laborieux.

L’armée est découpée en trois corps disposés en ligne successives d’attaque face aux anglais. Ces trois corps d’armée sont composés d’hommes à pied :
Le premier est composé des meilleur et plus nobles combattants. Ils veulent montrer leur bravoure et en découdre avec ces anglais dans une bataille qu’ils considèrent comme facile. Ils sont environ 3000.
Suit un deuxième corps de chevaliers nobles pour environ 4 000 hommes
Puis un troisième corps de petite noblesse d’environ 4 000 hommes aussi
Enfin il semble qu’une réserve de 18 000 hommes était positionnée très en arrière

Sur les flancs, on retrouve deux groupes de cavaliers pour environ 2 500 hommes. Spn objectif ets de briser les lignes d’archer pour faciliter l’attaque à pied des trois corps.

Les nobles chevaliers s’impatientent, ils sont tellement surs d’eux-mêmes que les archers et arbalétriers sont relégués à l’arrière de l’armée, voire même congédiés par certains. L’armée française s’et donc dispensée de ‘laide de 4 000 tireurs.


Toute la matinée, le roi Henry, conscient de la difficulté de situation, essaye de négocier pour éviter l’affrontement. Lui et ses hommes savent bien que ce sera très difficile et que les deux seules issues possibles sont la victoire ou la mort. Les archers anglais savent aussi que les français leur couperont les deux doigts qui servent à tirer s’ils gagnent.
Les Français demandent la renonciation du roi d'Angleterre à la couronne de France. Les Anglais de leur côté demandent l'accès libre à Calais et sont même prêts à rendre les forteresses qu'ils tiennent dans le Nord du royaume de France (Harfleur, qu'ils viennent de prendre après un long siège d'un mois, entre autres).

Finalement les discussions entre hérauts se solderont par un échec. Il est 11h00, le roi Henry décide d’engager le premier les hostilités après avoir harangué ses troupes. Il sait que attendre ne fera que dégrader sa situation et permettra aux français de grossir encore leur armée.


La bataille proprement dite

Le roi Henry V sait que ne pas bouger le conduire inéluctablement à la destruction et il connait très bien fougue de la chevalerie française et sa propension à charger rapidement. Il ordonne donc aux archers d’engager le combat en envoyant une volée de flèches sur les rangs français après s’être avancés par rapport devant leurs pieux. Comme attendu, la réaction des chevaliers français est immédiate. L’attaque de la première formation d’infanterie lourde est lancée accompagnée de la charge de cavalerie lourde sur les flancs pour préparer le terrain et disperser les lignes ennemies, en particulier les archers.

Les deux ailes qui devaient fondre à cheval sur les archers sont mal préparées et beaucoup trop lentes. La charge classique de cavalerie est impossible sur ce terrain boueux et détrempé. Les chevaux son condamnés à marcher. Pendant ce temps les archers anglais tirent et déciment les chevaux beaucoup moins protégés qui forment en masse compacte une cible facile pour les archers anglais. Touchés, blessés, les chevaux entrainent à terre leur cavalier en armure dans le sol gadoueux. Beaucoup de chevaux effrayés fuient le champ de bataille après avoir démonté leur cavalier et se heurte au premier bataillon d’hommes d’arme à pied qui monte au combat.

Ce bataillon avance difficilement à travers les champs fraichement labourés et dans la terre de glaise imbibe d’eau rend les mouvements très difficiles. Même si l’armure ne gène pas fondamentalement les mouvements, elle fatigue les hommes dans cette progression laborieuse dans la boue. Cette marche difficile sur ce sol détrempé épuise les hommes les plus entrainés. Ce bataillon est nombreux et à l’approche des anglais, entre les deux bois, le français sont contraint de resserrer les rangs. Nos hommes d’arme français forment du coup un bloc massif. Face à cette masse lente et compacte, le tir des archers anglais fait merveille. Les unes après les autres les volées de milliers de flèches font mouche sur les premières lignes françaises, obligeant les chevaliers français à une progression tête courbée pour éviter les flèches dans les fentes du heaume. Les flèches ne percent que très rarement les armures françaises sauf à bout portant et sous un angle approprié. Mais les flèches volent par milliers et transpercent aux défauts des armures les chevaliers désorientés et stupéfaits. L’audace des français à se ruer à l’assaut des lignes anglaises ne peut rien contre la tactique anglaise et contre ces terribles archers. Chacun d’eux tire environ 10 flèches par minute qui peuvent blesser mortellement un guerrier.

Malgré les pertes nombreuses, ils atteignent les lignes anglaises qui reculent. Les français sont tellement serrés dans cet espace réduit qu’ils ont du mal à manier leurs épées. Les chevaux fous qui refluent se heurtent à ces combattants et les bousculent. Tous ceux qui tombent à terre sont incapables de se relever dans cette bousculade sans nom et dans cette boue.

Abandonnant leurs arcs, les archers anglais armés de haches se ruent dans la mêlée pour aider les hommes d’armes. Moins lourdement équipés, ils sont plus agiles dans la boue et prennent le bataillon français à revers. Un instant dominateur avec le recul des lignes anglaises, les chevaliers français sont immobilisés et deviennent une proie facile pour les anglais qui enfoncent méticuleusement.

En deux heures de combat environ 5 000 chevaliers français sont mis hors de combat : tués, blessés, étouffés, … les autres fuient le désastre.

A ce moment là environ, les anglais font prisonniers des centaines de chevaliers français, parmi les plus nobles. En effet, selon la tradition, ils seront échangés après la bataille contre de fortes rançons. Selon la tradition aussi, en signe de reddition ils enlèvent leur heaume et un gantelet.


Pendant ce temps le deuxième bataillon monte au combat suivi derrière du troisième. Il se heurte aux chevaux fous du premier assaut et aux fuyards. Le même effet produit le même résultat. C’est à nouveau un massacre. Les anglais frappent sans distinction. Les haches brisent les os et les chevaliers à terre sont poignardés, saignés à travers les défauts des armures et des heaumes.

Devant ce désastre le 3° corps d’armée fuit.

Alors que sur le champ de bataille se jouent ces scènes terribles, un autre drame bien plus dramatique se déroule à les arrières de l’armée anglaise. Un événement qui marquera à jamais d’une tache indélébile la mémoire de ce grand roi Henry V. Un groupe d’hommes d’armes français s’approche de cette arrière garde et sème la panique. Le roi prend peur et imagine une attaque massive de l’armée française sur ses arrières. Il donne l’ordre d’achever de sang froid les de prisonniers et ce contre toutes les règles et usages militaires de l’époque. Environ 1 500 chevaliers de la noble élite combattante française sont égorgés.
La bataille a duré moins de 4 heures.
On estime à environ 10 000 chevaliers français morts sur le champ de bataille et l’élite de la noblesse française a été décimée. Moins de 1000 morts du coté anglais.

Beaucoup de choses ont été dites à propos de cette bataille et des causes de ce désastre qui intervient après bien d’autres catastrophes du même genre (Courtrai, Crecy, Poitiers mais aussi Morgarten).



Principale idée fausse : la puissance des archers anglais
A souvent circulé l’image des archers anglais décimant les chevaliers français à l’aide de leurs flèches capables de transpercer facilement les armures à longue distance. Il est vrai que les anglais disposaient de pointes de flèches dites « bodkins » spécialement étudiées pour transpercer les armures. Si elles étaient terriblement redoutables contre les cotes de mailles, elles étaient quasiment sans effet sur les armures de plates. On considère généralement qu’elles pouvaient être mortelles pour un homme en armure à quelques dizaines de mètres et sous réserve de toucher la cuirasse sous un angle correct. A l’époque de la bataille, en effet, les armures sont maintenant faites d’acier trempé dont la technologie se développe. Pour autant les flèches ont été particulièrement efficaces pour plusieurs raisons :
Le nombre très important de flèches tirées. Un archer tire environ 10 flèches à la minute et il y avait environ 5 000 archers, on imagine la quantité.
A chaque impact d’une flèche sur une armure cela fait du bruit. On imagine ce que cela peut faire à chaque volée vu le nombre. L’impact psychologique est certain
Si les armures sont plutôt résistantes, elles présentent cependant des défauts ou des points faibles, ce sont principalement les ouvertures du heaume pour pouvoir voir et respirer les jonctions au niveau des articulations. Dans cette configuration ce sont celles aux épaules qui sont les plus vulnérables. Vu le nombre de flèches et la masse compacte des homes d’armes français statistiquement, des flèches percent ces défauts et blessent les chevaliers. De plus cela a obligé les hommes à avancer tête baissée pour se protéger rendant encre plus difficile la progression.
Si les flèches étaient peu efficaces contre les armures, elles ont en revanche été très efficaces contre les chevaux. En effet, à la fois les chevaux étaient moins bien protégées mais surtout vu la boue sur le champ de bataille et la configuration resserrée du champ de bataille ils n’ont pas pu charger. Donc des tirs de face en nombre contre des chevaux compacts et au ralenti, même si ils sont peu précis, ont donné des résultats exceptionnels, ayant un double effet, d’une part en jetant bas le cavalier d’autre part et laissant des chevaux fous dans cette mêlée.



Analyse des causes du désastre :

Elles sont de 3 ordres principalement

L’esprit chevaleresque :
Vu l’écart du nombre de combattant, vu l’écart d’équipement, les Français étaient surs de leur victoire. L’objectif des chevaliers étant de briller au combat, ils ont attaqué sans réfléchir (cf. ci-dessous) espérant tirer gloire de cette victoire contre les anglais et de venger Crécy et Poitiers. Ils étaient tellement surs d’eux-mêmes qu’ils ont relégué les archers et arbalétriers au dernier rang, voire pour certains les ont même congédié.
Ajoutons à cela, une caractéristique récurrente de l’ost médiévale française, à savoir la quasi impossibilité pour le commandant à se faire écouter et obéir de ces nobles chevaliers.
L’absence d’analyse du champ de bataille :
Le champ de bataille présentait deux risques majeurs pour les français.
Il présente un passage resserré entre les bois en son centre au niveau des lignes anglaises, ce qui va contraindre les français, vu leur nombre, à se battre les uns sur les autres et à manier avec grande difficultés leurs épées dans le corps à corps
La boue de ce sol glaiseux détrempé par plusieurs consécutifs de pluie et fraichement travaillé. Elle va ralentir la charge de la cavalerie et la rendre inopérante conduisant à la mort d’environ 2000 chevaliers sans qu’ils aient pu atteindre les lignes ennemies.
Elle va rendre très difficile la marche des chevaliers à pied et les fatiguer fortement au moment d’atteindre les lignes anglaises, rendant le combat plus difficile pour eux

Une sous estimation de l’adversaire
Le nombre des archers a été sous estimé, une partie ayant été cachée dans les bois durant les négociations d’avant bataille. Mais aussi l’état moral de l’adversaire qui était bien meilleur que son état physique.
L’efficacité potentielle des archers anglais pourtant connue depuis Crécy a été ignorée, considérant que la charge de cavalerie suffirait à l’éliminer.


Quelques images glanées sur internet pour illustrer mais attention toutes n'ont pas de valeur historique
















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